Parler c'est de l'argent, écouter c'est de l'or.

Il suffit de le direest le titre de l'un de nos spectacles les plus demandés. Elle traite de la prise de parole, du développement d'une culture de retour d'information ouverte et continue dans les organisations, de l'écoute profonde et du pouvoir des émotions et de la vulnérabilité dans ce domaine.

Il semble que le mois de septembre soit le mois du retour d'information. Notre calendrier est rempli de spectacles et de séances de formation sur le retour d'information, parfois accompagnés d'un discours d'ouverture. Un retour d'information qui tient la route Par Ingrid Crollet.
C'est un plaisir de pouvoir faire une promenade aussi longue sur l'un de mes chevaux de bataille. La question clé qui émerge clairement est la suivante : "Mère, pourquoi sommes-nous silencieux ?"


Ce que j'espère en général, c'est que nous pouvons tranquillement les mettre au passé, semble-t-il. Car il n'y a plus de voix aussi forte qu'au cours des quelques décennies précédentes. Sommes-nous en train de nous réveiller du sommeil zombie du consumérisme ? Sommes-nous enfin en train d'enfiler à nouveau des vêtements hippies ?
#metoo, #blm, les histoires presque quotidiennes sur les abus de pouvoir dans les organisations, les dénonciateurs comme Thomas Goorden, le journalisme comme Apache,... sont des mouvements et des personnes qui montrent l'ampleur des dégâts causés par le (maintien du) silence, et ils les brisent. En ce moment même, le documentaire Godforsaken en est un exemple effroyable, mais ô combien nécessaire. Bravo aux réalisateurs.

Pourtant, dans les situations de la vie quotidienne, les gens restent souvent silencieux alors qu'ils devraient parler. Comment cela se fait-il ? La réponse à cette question est à la fois simple et complexe. Nous restons silencieux parce que les pouvoirs néolibéraux patriarcaux trouvent cela très pratique pour le statu quo. Et ce silence, ces pouvoirs systémiques l'ont poussé et le poussent partout dans l'éducation et l'enseignement, en l'enveloppant des pièges de l'éducation et de la formation. courtoisie et voies.

Dans les ateliers, nous rencontrons ces "scripts" enracinés chez les gens. Même lorsqu'il s'agit simplement de donner un retour d'information honnête à un collègue. (Et quel est l'intérêt de laisser quelqu'un se débrouiller, sans rien dire, mais en restant là à raconter des ragots...).
- Ce n'est certainement pas à moi de le dire.
- Parler est dangereux, cela peut m'exploser à la figure comme un boomerang.
- Je ne sais pas comment l'autre personne va réagir.
- Je ne veux pas blesser l'autre personne.

Un examen rationnel de la situation montre souvent que le discours spécifique dont il est question à ce moment-là ne fait pas mal du tout, au contraire. Souvent, outre les schémas de pensée enracinés, il s'avère qu'il s'agit principalement d'un manque de compétences émotionnelles. Et ce, bien sûr, parce que le monde des émotions est déjà si commodément écarté, en particulier dans les milieux professionnels. Jeroen Olyslaeghers le formule très justement : "Soupçonner les émotions, c'est aussi un non-sens apaisant, une feinte venue d'en haut".
Les émotions seront exprimées en même temps que discours non sollicité Classé dans le même coin de quasi hystérique. Pour ceux qui ne le savent pas encore, le mot hystérique vient de utérus. Les pouvoirs patriarcaux se glissent invariablement dans le langage.

Parfois, lorsque l'on choisit de ne pas parler, une autre force entre en jeu. Le pouvoir du confort - parfois égoïste. Les gens se gargarisent alors parfois à tort d'affirmations telles que La parole est de l'argent, le silence est de l'or. Ou bien ils trouvent que les personnes qui s'expriment sont trop nombreuses, trop bruyantes, trop présentes, trop émotives et donc ... non professionnelles. Ou encore, ils font allusion à une pseudo-introversion. (Dans certains cas, je tire la sonnette d'alarme lorsque quelqu'un se sent psychologiquement en danger parce que quelqu'un d'autre s'exprime).
Hier, Alain a interprété un personnage qui a dit de manière très directe : "Ici, les introvertis sont considérés comme plus forts et plus courageux, et ils doivent être protégés de ces méchants extravertis !
Néanmoins, lorsque vous soutenez des systèmes de pouvoir injustes ou malsains en préservant votre propre confort, ce n'est pas neutre. Nonobstant tous les beaux discours.

Le silence n'est pas de l'or.
L'écoute, c'est de l'or.
Écouter, c'est aussi aider les gens à parler. Parce qu'il n'est pas facile de s'exprimer, compte tenu des schémas de silence profondément ancrés chez de nombreuses personnes.
L'écoute, c'est aussi : aider à ne plus se taire. Aider à dire ce qui doit être dit.

Les gens disent souvent : "Mais je ne sais pas comment le dire". Il s'agit là aussi d'un scénario : l'idée que l'on ne peut parler que si l'on a les moyens de le faire. tout à fait exact ne le fait pas. Et c'est une autre raison pour laquelle tant de personnes ne s'expriment pas.

Un élève a tiré une grande conclusion d'un atelier organisé cette semaine :
"Il est préférable de donner un retour d'information négatif que de ne pas donner de retour d'information.
Et cela vaut pour tous les types de discours. À l'inverse, donc : écoutez l'intention des gens, examinez-la, remettez-la en question. N'ayez pas peur de l'ironie ou de l'émotion.
Prenez votre temps lorsqu'il s'agit de choses sérieuses, asseyez-vous.
Et n'oubliez pas de sourire lorsqu'il s'agit de questions légères. Dans ces cas-là, il s'agit simplement de personnes qui sont des personnes. Écoutez au-delà des sourires.
C'est de l'or en barre.

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Photo : Lee De Koker est un acteur du théâtre TIM et un infirmier qui défend la spontanéité dans les soins de santé.